“Ce n’est un secret pour personne, les payeurs de la redevance sont cocus : ils continuent à payer leurs 85 balles – d’Estaing – par an et Dame Télé passe, à tours de bras, de la publicité pour des organismes privés. (…) Ce qu’elle fait ouvertement n’est pas de la publicité, se sont “campagnes d’intérêt national”. Vous saisissez, ô impies, la nuance ? La “pause café”, la “pause yaourt”, la “pause aspirateur”, la “pause jus de pommes”, la “pause machine à laver”, la “pause jus de raisin”, la “pause Henri Genès-Odette Laure”, la “pause beurre”, la “pause glace à la vanille”, etc. etc. (tu pauses ! tu pauses !) bref, tous ces petits sketches quotidiens qui satisfont, à la fois, votre curiosité naturelle et votre sens artistique, sont nécessaires à la vie de la Nation (…) C’est pourquoi le Canard engage vivement ses lecteurs (…) à envoyer à M. le Ministre de l’Information le petit papillon en forme de vignette que nous publions”
Gabriel Macé, Le “Canard” lance une “campagne TV d’intérêt national” : M. Peyrefitte, il faut choisir entre la publicité et la redevance, “Le Canard Enchaîné” n°2223 du 29 mai 1963
Si Gabriel Macé et son journal enjoignent les lecteurs à protester contre la télévision publique (qui compte alors deux chaînes), c’est que la publicité – qui ne sera autorisée qu’à la fin de l’année 1968, envahit progressivement les écrans de la RTF de façon insidieuse. “La publicité de marque y a bel et bien fait son entrée il y a une douzaine d’années” [1] admet Alain Peyrefitte, la fameux ministre de l’Information, et ce dès la fin de l’année 1964. Mais avant octobre 1968, la publicité s’appelait encore “émissions compensées”.
Lettre de Jeanne à Louis Bouvier #12 - 17 Juin 1940 - p.1/2
Ce lundi 17 juin, 1940
Mon pauvre Cher Lou
C’est avec une infinie tristesse que je viens d’apprendre à la TSF la capitulation de la France. J’avais appris jeudi que nous en avions encore pour cinq jours avant de se rendre. Certaines personnes à qui j’en faisais part, me disaient tenir d’officiers qu’une grande offensive se préparait du côté de Poitiers. En fin de compte, c’était bien l’information que j’avais reçue, indirectement, d’un simple poilu, qui était la bonne.
Les Allemands occupent Paris depuis le 14 (officiellement depuis le 12). Il paraît que la population ne souffre pas et que tout marche comme à l’ordinaire.
J’ai trotté précisément toute la matinée en vue de mon départ pour Dublin. Tous les services anglais arrêtés. Service par Air France arrêté. Je suis allée au Consulat d’Amérique, mais ils ne savent pas quand un bateau américain viendra. Du moins, c’est ce que l’on m’a dit, contrairement à ce que j’ai lu hier sur le Petit Marseillais qui prévoit l’arrivée d’un bateau américain dans une dizaine de jours.
Rue des Pyrénées, Paris XXe. Une odeur intrigante et entêtante vous saisit le nez. Elle émane d’une petite boutique à la devanture grenat. À l’intérieur, derrière un comptoir encombré, un grand gaillard à l’accent qui fleure bon la Corse des montagnes vous accueille. C’est Pierre-François Siméoni, et vous êtes les bienvenus aux Senteurs de Provence.
Angle de la rue des Cascades et de la rue de la Mare - Vers 1910
En ce début 1902, deux bandes rivales d’apaches – petites frapes, escrocs et proxénètes qui font la loi à Ménilmontant – s’affrontent violemment dans les rues du XXe. C’est Manda-de-la-Courtille qui a lâché ses hommes à la poursuite de Leca-de-Charonne, son pire adversaire. Le motif ? S’attirer les faveurs d’Amélie Hélie, dite Casque d’Or, une marchande de plaisir de Belleville, dont la flamboyante chevelure affole plus d’un homme. Et ce 9 janvier 1902, dans la rue des Pyrénées, Polly-le-dénicheur – le bras armé de Manda – attaque de nouveau Leca.
Magazine d’un genre nouveau,5 colonnes à la une est lancé en 1959. C’est l’émission la plus significative de la télévision du général de Gaulle puisqu’elle l’accompagne du début jusqu’au terme de son pouvoir. 5 colonnes tranche singulièrement de toutes les formes d’information télévisée antérieures : elle annonce la naissance du grand reportage, qui est alors bien plus proche du documentaire d’auteur (qui offre un point de vue) que du vulgaire reportage à la sauce Envoyé Spécial.
Correspondance - Louis Bouvier/Jeanne Bouvier - 1932-1945
Il y a quelques années ma grand-mère m’offrit la correspondance qu’échangèrent Jeanne Bouvier et son époux Louis pendant les années 30 et 40. Seize lettres au total. Découvertes par hasard dans le renfoncement coulissant d’une boite, récupérée dans les Deux-Sèvres, ces missives s’enlisaient depuis les années 50 dans les archives de ma famille. Du moins jusqu’à aujourd’hui…
Le 19 novembre 1944 Ma très chérie Jeanne. Je ne sais plus quoi penser et seule me soutient ma foi que Dieu te protège. Le 10 octobre écoulé, je t’ai adressé – en réponse à ton télégramme – un télégramme avec réponse payée et je t’avisais de l’envoi à la même banque de l’argent que j’étais autorisé à t’envoyer. Depuis rien de toi ne m’est parvenu ; aucune réponse ; c’est incroyable ; c’est inhumain. Il est bien suffisant, je crois, que tu te trouves en face de difficultés inouïes pour me répondre, et j’implore les fonctionnaires de la Censure de ne pas aggraver le martyre par la suppression, ou l’arrêt indéfini de tes nouvelles. J’espère que cette carte te parviendra, et je prie Dieu de nous réunir bientôt. À toi de cœur. Je t’embrasse. Louis
À l’occasion d’un long voyage aux Philippines réalisé en février/mars 2009, voici quelques-uns de mes clichés, qui illustrent les merveilles sous-marines abritées par les spots de Sabang Beach (Commune de Puerto Galera / Oriental Mindoro).
Peacock mantis shrimp - La squille multicolore (Odontodactylus scyllarus) ou squille mante est un crustacé (Stomatopoda) de la famille des Odontodactylidae.
Le ministère de l’Information & la télévision sous la Ve République (1958-1969)
Escaro - Canard Enchaîné
Le ministère de l’Information apparaît pour la première fois sous la IIIe République, en mars 1938[1] : au seuil de la Guerre, il faut pouvoir organiser sa propagande. Évidemment conservé sous Vichy, le ministère survit à deux changements de République. En 1958, le général de Gaulle revient aux affaires et institue la Cinquième République. Pour réaliser ses ambitions audiovisuelles – se saisir de la télévision pour établir un contact direct avec les Français, et éviter ainsi le filtre de la presse écrite –, le président de la République désigne un chef de file chargé d’appliquer ses volontés : le ministre de l’Information. Le gouvernement lui prescrit une mission : réformer et organiser la radiotélévision d’État. Ainsi, de 1958 à 1969, ministère de l’Information façonne-t-il l’ORTF.
Quelles sont ses attributions? Comment fonctionne-t-il ? Quel est son champ d’action ? Quelle est l’importance de son pouvoir quant à l’information télévisée ?